Rencontrez Mei Ling Yap

Mei est un oncologue radiothérapeute à Sydney, en Australie et a inauguré le blog de Global RT. Mei nous raconte comment elle allie une carrière en radiothérapie et en santé mondiale.

Qui êtes-vous et où travaillez-vous?

Mei Yap

Mei Ling Yap

Je m’appelle Mei Ling Yap et je suis un Oncologue Radiothérapeute de Sydney, en Australie. Je pratique la médecine à Liverpool, au centre de traitement du cancer de Macarthur, dans la région sud-ouest de Sydney. C’est une région unique en Australie, avec une grande diversité culturelle et je prends donc en charge des patients de diverses origines. Je suis spécialisée dans le traitement des cancers du poumon, du sein et les cancers gynécologiques. En parallèle de mon activité clinique, j’ai une activité de chercheuse et je m’occupe aussi de l’enseignement pour les étudiants et internes en médecine.

Pourquoi avoir choisi le métier de Radiothérapeute?

J’ai décidé de me spécialiser en oncologie radiothérapie car le pense que c’est une spécialité très «humaine». Mes patients et leurs familles sont tellement enrichissants. Travailler en oncologie nous donne la possibilité d’aider les gens pendant un moment important et difficile de leur vie, et ceci est un réel privilège.

J’ai choisi ce métier parce que je sentais que c’était un domaine où nous pouvons vraiment venir en aide aux patients. La radiothérapie est souvent le traitement principal utilisé pour guérir les cancers, comme par exemple ceux la tête et du cou, de la prostate et du col utérin, pour n’en nommer que quelques-uns. Obtenir une guérison pour les patients atteints de cancer est un résultat merveilleux. Tout aussi important, je crois, est la capacité de la radiothérapie à diminuer les symptômes pénibles tels que la douleur et les saignements pour les patients incurables – et la radiothérapie en est capable pour 2/3 des cas.

Comment êtes-vous impliquée dans la santé mondiale, et en particulier dans l’accès mondial à la radiothérapie?

La santé mondiale a été un de mes intérêts depuis mes années d’étudiant en médecine à l’Université de New South Wales, où j’ai été impliquée dans une association d’aide gérée par des étudiants en médicine australiens (MSAP). J’ai alors pu faire un stage à Chennai, en Inde, où le manque d’accès aux soins médicaux est alarmant, comme dans de nombreuses autres parties du monde.

En 2008-9 j’ai poursuivi ma formation en radiothérapie à l’Institut national du cancer de l’Université de Singapour. J’ai trouvé intéressant de prendre en charge des patients d’origine diverses et de pouvoir observer les différences de perceptions culturelles face au cancer qui existent là-bas.

J’ai ensuite travaillé pendant 2 ans au Centre de Cancérologie Princess Margaret (PMCC), à Toronto, où j’ai réalisé que mes passions pour l’oncologie radiothérapie et la santé mondiale pouvaient être réunies. Dr Marie Gospordarowicz, qui était à cette période la chef du PMCC (et maintenant de l’UICC, l’Union Internationale Contre le Cancer), motivait les membres de la communauté médicale qui étaient intéressés pour s’attaquer à la question de l’accès global à la radiothérapie. De retour en Australie, j’ai eu la chance de travailler aux côtés mon mentor du GTFRCC (Groupe de travail mondial sur la radiothérapie pour le contrôle du cancer), le Professeur Michael Barton, qui est un chercheur prolifique en « santé mondiale et cancers », dans le cadre de son équipe CCORE (Collaboration pour la survie, la recherche et l’évaluation des cancers).

Quel est votre rôle dans GTFRCC?

Mon rôle dans le GTFRCC (Groupe de travail mondial sur la radiothérapie pour le contrôle du cancer) se situe dans le cadre du groupe de travail « conséquences et survie», qui cherche à définir les besoins en termes de radiothérapie dans les pays à revenu faible et intermédiaire et évalue les potentiels bénéfices que la radiothérapie pourrait apporter dans ces pays. Le travail que nous effectuons sera une partie importante du «livre blanc» de la GTFRCC qui sera lancé lors de la réunion de l’UICC à Melbourne en Décembre prochain. Je fais aussi partie du programme des Jeunes meneurs du GTFRCC.

Quelles sont les recherches que vous faites dans la santé mondiale?

À l’heure actuelle, je conduis des recherches sur les services de santé en cancérologie dans le cadre du CCORE (Collaboration pour la survie, la recherche et l’évaluation des cancers), au centre de recherche médicale Ingham, à Liverpool. L’équipe du CCORE, sous la direction du professeur Michael Barton, a développé un modèle qui estime l’utilisation optimale de la radiothérapie dans un pays « développé ». Nous sommes en train d’adapter ce modèle pour les pays à revenu faible et moyen pour mesurer l’utilisation optimale de la radiothérapie dans ces pays, avec des projections jusqu’à 2035. Nous sommes également en train d’estimer les différences entre ce qui devrait être, et ce qui est actuellement disponible, en termes de d‘accès à la radiothérapie.

Pourquoi pensez-vous qu’il serait important de militer pour améliorer l’accès à la radiothérapie?

Plaidoyer pour un meilleur accès à l’oncologie radiothérapie jouera un rôle central pour diminuer l’écart en termes de ressources de radiothérapie. Nous avons largement amélioré les soins des cancers dans les pays à revenu élevé, mais malheureusement le cancer dans les pays à revenu faible et intermédiaire est largement ignoré. Cela ne peut pas continuer! Les statistiques sont terrifiantes – 70% des décès par cancer surviennent dans les pays à revenu faible et moyen et le cancer tue plus, dans le monde, que le paludisme, la tuberculose et le VIH réunis – encore que la majorité des gens ne sont pas conscients de cela. C’est là que je pense globalRT à un rôle primordial. Nous avons besoin de communiquer ces faits, en particulier via les médias sociaux – Twitter, Facebook, etc etc Donc lecteurs, en avant et faites circuler l’information!

Quel est l’endroit le plus intéressant où vous avez travaillé pour global RT?

Il ya eu de nombreuses visites intéressantes, mais la plus récente était à l’hôpital Imam Khomeini à Téhéran, en Iran. Le département de d’oncologie radiothérapie, dirigé par le professeur Peiman Haddad, est actuellement en plein développement. Il était particulièrement agréable de rencontrer les internes en radiothérapie, dont 10 sur 13 sont actuellement des femmes.